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Fiscalité Turquie 2026 : impôts et convention

Tout expatrié ou investisseur doit comprendre la fiscalité turque. Le système est relativement favorable : pas d'impôt sur la fortune, des taux d'imposition modérés et une convention de non double imposition avec la France. Ce guide détaille les principaux impôts, les règles de résidence fiscale et les optimisations possibles.

Billets de lires turques tenus en éventail

Impôt sur le revenu (Gelir Vergisi)

La Turquie applique deux barèmes, pas un. Les salaires et les autres revenus partagent les deux premières tranches, puis divergent : la tranche à 27 % couvre les salaires jusqu'à 1 500 000 TL contre 1 000 000 TL pour les loyers, dividendes et bénéfices commerciaux. Un même montant est donc imposé différemment selon sa nature.

Les seuils sont relevés chaque 31 décembre du taux de réévaluation. Pour 2026, le barème vient du Gelir Vergisi Genel Tebliği n° 332, publié au Resmî Gazete du 31 décembre 2025. Les résidents fiscaux turcs sont imposés sur leurs revenus mondiaux, les non-résidents uniquement sur les revenus de source turque.

TauxSalairesAutres revenus
15 %Jusqu'à 190 000 TLJusqu'à 190 000 TL
20 %190 001 à 400 000 TL190 001 à 400 000 TL
27 %400 001 à 1 500 000 TL400 001 à 1 000 000 TL
35 %1 500 001 à 5 300 000 TL1 000 001 à 5 300 000 TL
40 %Au-dessus de 5 300 000 TLAu-dessus de 5 300 000 TL

Impôt sur les sociétés (Kurumlar Vergisi)

Le taux standard de l'impôt sur les sociétés en Turquie est de 25 % en 2026. Ce taux s'applique aux bénéfices des sociétés résidentes (Ltd Şti, AŞ) sur leurs revenus mondiaux, et aux sociétés non-résidentes sur leurs revenus de source turque.

Les entreprises des zones franches (serbest bölge) bénéficient d'une exonération d'impôt sur les sociétés pour les revenus d'exportation. Les zones franches d'Istanbul (Atatürk Airport Free Zone), d'Antalya, de Mersin et d'Izmir sont les plus actives. Les entreprises technologiques installées dans les teknoparks (zones technologiques) bénéficient également d'exemptions.

La distribution de dividendes supporte une retenue à la source de 15 %. Elle était de 10 % jusqu'au 22 décembre 2024, date d'entrée en vigueur du décret présidentiel n° 9286. Les guides qui annoncent encore 10 % datent d'avant ce décret.

Depuis 2025 s'ajoute un impôt minimum sur les sociétés : l'impôt calculé ne peut pas descendre sous 10 % du bénéfice avant déductions et exonérations. Une société qui empile les incitations paie donc quand même. À l'inverse, les bénéfices tirés de l'exportation bénéficient d'un abattement de 5 points, ce qui ramène leur taux à 20 %.

TVA en Turquie : les trois taux en 2026

La TVA turque s'appelle KDV, pour Katma Değer Vergisi, et elle compte trois taux depuis la réforme de juillet 2023. Le taux standard est de 20 %, contre 20 % également en France, ce qui surprend souvent : l'écart de prix entre les deux pays ne vient pas de la TVA.

TauxCe qu'il couvre
1 %Taux réduit : journaux, immobilier résidentiel (moins de 150 m2 net), certains produits agricoles
10 %Taux intermédiaire : alimentation de base, tourisme, hébergement, produits pharmaceutiques, textile
20 %Taux standard : électronique, automobiles, luxe, services, et la plupart des biens et services courants

Le taux de 1 % sur le logement de moins de 150 m² est celui qui compte pour un acheteur étranger : il s'applique à la surface nette, et un mètre carré de trop fait basculer l'opération au taux supérieur.

L'exonération de TVA que les vendeurs oublient de mentionner

C'est la disposition la plus rentable du droit fiscal turc pour un acheteur français, et elle ne figure sur presque aucune plaquette commerciale. La loi sur la taxe sur la valeur ajoutée exonère la première livraison d'un logement ou d'un local commercial neuf lorsque l'acquéreur est une personne physique étrangère non résidente en Turquie. Sur un bien neuf, cela représente le taux de TVA applicable en moins, soit une économie qui se compte en dizaines de milliers d'euros sur une acquisition significative.

Chacune des trois conditions du dispositif peut le faire tomber. Il doit s'agir de la première livraison du bien, ce qui exclut l'ancien et la revente. Le prix doit être apporté en devises depuis l'étranger, ce qui suppose d'organiser le virement correctement dès le départ plutôt que de payer depuis un compte turc déjà alimenté. Et l'acquéreur ne doit pas être résident en Turquie au sens fiscal.

La contrepartie est un délai de conservation de trois ans. Revendre avant ce terme rend exigible la TVA qui n'avait pas été perçue, majorée des intérêts de report, et le paiement doit intervenir avant l'opération au registre foncier. Le délai était d'un an jusqu'à sa modification par la loi n° 7394 de 2022 : les guides qui annoncent encore un an sont périmés de plusieurs années.

Un dernier point mérite attention. Si l'administration établit que les conditions n'étaient pas réunies alors que l'exonération a été appliquée, l'acheteur est solidairement responsable du rappel de TVA, de la pénalité et des intérêts, aux côtés du vendeur. Autrement dit, vous ne pouvez pas vous reposer sur la parole du promoteur : faites vérifier l'éligibilité par votre propre conseil. Le reste de la procédure d'acquisition est décrit dans notre guide de l'immobilier en Turquie.

La taxe foncière, petite ligne devenue moins petite

Détenir un bien en Turquie coûte peu comparé à la France, et c'est un des arguments réels de l'investissement locatif sur place. La taxe foncière annuelle se calculé sur la valeur cadastrale, non sur la valeur de marché, et ses taux sont fixés par la loi avec un doublement automatique dans le périmètre des métropoles, ce qui vise Istanbul, Ankara, Izmir et Antalya.

Nature du bienTaux de baseEn zone métropolitaine
Logement0,1 %0,2 %
Local commercial et autres bâtiments0,2 %0,4 %
Terrain constructible (arsa)0,3 %0,6 %
Terrain non constructible (arazi)0,1 %0,2 %

La valeur cadastrale est révisée tous les quatre ans et la révision peut faire bondir la base d'un exercice à l'autre : le taux reste le même, la facture non. Et le président dispose du pouvoir de réduire ces taux de moitié ou de les tripler, ce qui rend l'exercice de projection à dix ans hasardeux.

La taxe se paie en deux échéances annuelles à la mairie du lieu du bien, en mai et en novembre. Elle s'ajoute à l'aidat, la charge de copropriété, et à l'assurance séisme obligatoire, qui est un point de contrôle pour les abonnements d'eau et d'électricité comme pour les opérations sur le titre de propriété. L'ensemble des coûts de détention est détaillé dans notre guide de l'immobilier en Turquie.

Convention fiscale France-Turquie

La convention fiscale entre la France et la Turquie, signée le 18 février 1987 et modifiée par avenant en 2004, a pour objectif d'éviter la double imposition et de prévenir l'évasion fiscale. Voici les principales règles :

Revenus immobiliers

Les revenus immobiliers (loyers, plus-values) sont imposés dans le pays où se situe le bien. Si vous possédez un bien en Turquie, les loyers sont imposés en Turquie. La France accorde un crédit d'impôt pour éviter la double imposition.

Pensions de retraite

Les pensions privées sont imposées dans le pays de résidence du bénéficiaire. Si vous êtes résident fiscal turc, votre retraite française est imposée en Turquie. Les pensions publiques (fonctionnaires) restent imposées en France.

Revenus d'emploi

Les revenus d'emploi sont en principe imposés dans le pays où l'activité est exercée. Un Français travaillant en Turquie pour un employeur turc est imposé en Turquie. Des exceptions existent pour les missions temporaires de moins de 183 jours.

Plus-values immobilières

Les plus-values immobilières sont imposées dans le pays du bien. En Turquie, les plus-values sont exonérées après 5 ans de détention. Pour les ventes avant 5 ans, le taux progressif de l'impôt sur le revenu s'applique, avec un abattement pour inflation.

Résidence fiscale : les règles

La résidence fiscale détermine l'étendue de vos obligations déclaratives. En Turquie, vous êtes considéré comme résident fiscal si vous remplissez l'une de ces conditions :

  • Vous résidez en Turquie plus de 183 jours au cours d'une année civile
  • Vous avez votre domicile permanent (ikametgah) en Turquie
  • Votre centre d'intérêts vitaux (famille, activité économique) est en Turquie

En cas de conflit (résidence dans les deux pays), la convention Franco-turque prévoit des critères successifs : domicile permanent, centre des intérêts vitaux, lieu de séjour habituel, puis nationalité. Consultez un fiscaliste spécialisé pour les situations complexes.

Questions fréquentes sur la fiscalité turque

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